Les Uchi Deshi

Traditionnellement, les uchi deshi étaient des élèves résidant au dojo de leur maître. (uchi : intérieur / deshi : élève) En échange de l'enseignement, du gîte et du couvert, ils étaient entièrement à son service et assumaient tant les corvées du foyer que les responsabilités techniques et administratives du dojo.

Les réalités de la vie actuelle ne permettent évidemment plus de fonctionner selon ces modalités. Le terme d'uchi deshi demeure cependant pour désigner les élèves qui prennent certaines responsablités quant au fonctionnement du dojo et qui s'investissent durablement dans l'étude de l'aïkido.

Les soto deshi (soto : extérieur) sont, quant à eux, les élèves qui ont acquis suffisamment d'autonomie et qui sont partis pour ouvrir leur propre dojo où ils dispensent l'enseignement de leur maître selon leur propre sensibilité. (Le terme soto deshi désigne aussi parfois les élèves visiteurs qui suivent les enseignements d'un autre professeur.)
Comme Laurent Parrein est soto deshi d'Alain Peyrache, il a lui-même des soto deshi (André et Virginie) et des uchi deshi (Gaëtan, William, Tilly et Cedric).
André Vital,
soto deshi.
Maître du dojo Ten Chi
à Forest (Belgique)
Virginie Minot,
soto deshi.
Maître du Ho Tou dojo
à Waterloo (Belgique)
Gaëtan Wolff, uchi deshi.

J'ai commencé l'aïkido il y a 11 ans et ce un peu par hasard. Je voulais pratiquer un art martial mais je ne voulais pas non plus me prendre des coups tous les mercredis. Au départ dubitatif j'ai cependant rapidement découvert les nombreux aspects de cette discipline, tant sur le plan martial que de l'hygiène de vie.  
 
Très vite l'aïkido s'est imposé à mes yeux comme une excellente conduite à adopter dans la vie quotidienne mais également comme une technique de combat redoutable et cependant non violente.  
 
Ce qui me plait le plus est la possibilité qu'offre l'aïki à chacun de pratiquer à sa convenance, de la gymnastique à la technique léthale, en passant par l'activité de groupe du week-end.
Filles comme garçons, jeunes comme plus âgés, novices comme pratiquants confirmés, toutes couches de la société confondues, chacun s'y retrouve et pratique dans une ambiance de respect et d'entraide.

L'aïkido m'a beaucoup apporté dans ma vie de tous les jours et notamment dans ma vie professionnelle, amélioration des réflexes, plus de sang-froid, une excellente gestion du stress et des conflits, une nette amélioration de ma condition physique générale, et une philosophie de respect et de non-violence que seule la pratique de l'aïkido de par l'assurance qu'elle procure peut apporter.  
 
S'il est vrai que l'aïki éxige investissement et régularité, il est forcé d'avouer qu'il le rend bien.
William Hotter, uchi deshi.

En ce qui me concerne, le hakama (large pantalon noir) attira mon attention la première fois que je vis une photo d’aïkido. En recherchant davantage sur la discipline, c'est la fluidité des techniques, la maîtrise du mouvement et l'apparente efficacité qui nourrissaient ma curiosité. L'étape d'après a été de pousser la porte du dojo pour suivre mon premier cours... Avec succès ! 
 
Ce que je prends avec moi en dehors du dojo, tout d'abord, c'est la confiance en moi. C'est de savoir que je n'ai pas à craindre un conflit car je sais comment réagir. Et je pense d'ailleurs que ça contribue à ne pas attirer de conflit tout simplement... 
 
Ensuite, ce que je peux facilement appliquer dans mon entourage, et qui fait le plaisir de certains, ce sont les techniques de massage et de détente.
Des mouvements simples qui décrispent les articulations et les muscles et que tout le monde peut faire en toute sécurité. Trop bien !

Le premier aspect que j'aime dans l’aïkido c'est son efficacité martiale. Quels que soient notre poids ou notre force physique. C'est un des principaux aspects qui m'avaient attiré jusqu'au dojo d'ailleurs. 
 
Arrivé au dojo, et durant les mois et années qui suivirent, je compris qu'il ne s'agissait pas d'un « club de sport de combat » teinté d'une certaine part de consumérisme : payer x € chaque cours avec réduction quand on prend un forfait mensuel etc., s'attendre à se faire former un maximum en un minimum de temps, aller au cours pour se défouler de ses tensions, éventuellement dans l'optique de perdre du ventre ou de savoir cogner plus fort. 
 
Ici à l’aïkido, je suis heureux d'avoir découvert une alternative. Ça se voit déjà rien qu 'à la faible cotisation annuelle : on sent que l'école a pour vocation d'aider dans une manière de vivre et pas de faire du business. Et ça déjà, ça change toutes les relations et le savoir-vivre entre tout le monde. 
 
J'ai senti dés le premier cours un intérêt sensible du prof et des anciens pour les plus nouveaux : de manière générale j'aime cet aspect de développement personnel et d'entre-aide. De plus, dans notre apprentissage de l’aïkido, on vient à donner soi-même cours aux autres élèves (avec la supervision du professeur), ce qui nous aide à nous découvrir et à progresser. 
 
Enfin, j'aime savoir que je ne dois pas craindre des traumatismes répétitifs sportifs/de combats car la performance n'est pas liée à un entraînement sportif, et que les chutes sont maîtrisées et il n'y a pas de blocages / chocs / coups portés au corps comme à la boxe, au judo, au taekwondo, etc. 
 
Je participe à différents stages de notre grand maître Alain Peyrache au long de l'année, dont certains à l'étranger (Belgique, France, Pays-Bas). 
 
J'ai été pratiquer dans différentes écoles (Ecosse: Aberdeen, Australie:Sydney, Melbourne). 
 
J’épluche le web de documents et de vidéos afin de toujours développer, discuter et améliorer notre art en conservant toujours nos principes fondamentaux.

Cedric Tolley, uchi deshi.

C'est en sortant de l'adolescence qu'un peu par hasard j'ai découvert l'existence de l'aïkido lors d'un stage de 15 jours dans un petit village de montagne que j'avais l'habitude de fréquenter pendant les vacances. Séduit par la discipline, il ne m'avait cependant jamais été donné de rencontrer un enseignant qui ne me paraisse pas soit cupide soit imbu de lui-même soit simplement foireux. Après quelques recherches timides, la vie m'emmena ailleurs. 
 
C'est beaucoup plus tard que j'ai recroisé le chemin de l'aïkido, en inscrivant mes fils au cours du dojo le plus proche de là où nous habitions. Leur inscription avait été motivée par mon envie de leur apporter une plus grande aisance corporelle et sociale, d'affermir leur confiance en eux et de leur permettre de faire face à la vie cruelle de la cour de récréation. Au passage cet objectif est atteint bien au delà de mes espérances initiales.

La durée d'un cours était incompatible avec deux aller-retours domicile-dojo. Je restais donc là, à regarder le cours enfant se donner. Au fil des séances, il m'est apparu que le professeur d'aïkido dont je n'espérais plus l'existence se tenait là, devant moi, et qu'il enseignait cette discipline à mes garçons. Un maître à la fois doué et modeste qui transmet ce qu'il prétend transmettre, qui ne s'encombre ni de verbiages inutiles, ni d'excès de mysticisme et qui, dans son dojo fait régner une profonde bienveillance et une ambiance douce et amicale. 
 
Il a encore fallu que six mois passent et que je m'autorise à déduire quelques heures par semaines au rythme morne du métro-boulot-dodo, pour passer le pas et qu'en septembre 2013 je demande au maître s'il m'autorisait à monter sur le tatami. 
 
Depuis ce jour, l'aïkido ne m'a plus quitté un instant. J'ai suivi assidûment les cours au dojo, assisté chaque année aux stages d'Alain Peyrache, le maître de mon maître, étudier la cosmogonie extrême orientale dont ma grand-mère me berçait jadis en composant ses ikebana ou en donnant cours à ses propres élèves. Je me suis mis à penser aïkido, à chaque instant. Pour découvrir que cette discipline non seulement m'apportait un calme intérieur particulier, mais me permettait d'accéder à une aisance, une tranquillité et une douceur sans pareil. Et si je n'ai jamais eu beaucoup de difficulté lorsqu'il s'agissait d'assumer un conflit, aujourd'hui, j'aborde les inévitables tensions de la vie avec une plus grande sérénité.
Tilly Ottinger, uchi deshi.